21 de septiembre de 2011

CORRESPONDENCIA ANNA ROSSELL-XEC MARQUÈS (21-09-2011)

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CARTA D'ANNA ROSSELL AL TEÒLEG I SALESIÀ XEC MARQUÈS (21-09-211) /
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CARTA DE ANNA ROSSELL AL TEÓLOGO Y SALESIANO XEC MARQUÈS (21-09-2011)

Al original catalán sigue su traducción al español
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Tertúlia-esmorzar amb amics a El Masnou. D'esquerra a dreta, Juan Carlos Ingunza, Amelia Díaz, Manolo Ávila, Marcelo Díaz i Anna Rossell (juliol, 2011) / Tertulia-desayuno con amigos en El Masnou. De izquierda a derecha,  Juan Carlos Ingunza, Amelia Díaz, Manolo Ávila, Marcelo Díaz y Anna Rossell (julio, 2011)
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Mi carta a Xec Marquès es la respuesta al requerimiento que él me hacía de darle mi opinión sobre un texto específico, la Declaración de la Comisión de Reconciliación Nacional de la República de Guinea, que se ha hecho público recientemente con la intención de pacificar el país de cara a los comicios convocados el próximo noviembre. Como quiera que el país ha vivido desde los años setenta graves convulsiones sociales y fases de aguda violencia, el documento adquiere especial relevancia. Por ello lo copio a continuación en su integridad, pues mi carta hace constante referencia a él:

Guinée, en route vers la réconciliation nationale:

MESSAGE DE LA COMMISSION DE RÉCONCILIATION NATIONALE LUE PAR MONSEIGNEUR VINCENT KOULIBALY, ARCHÊVEQUE DE CONAKRY


Chers compatriotes, Le message que nous vous adressons aujourd’hui est une invitation à vous mettre en route avec nous, vers la réconciliation nationale. Avant de commencer, nous livrons à votre méditation cette définition du mot « réconciliation » : Se réconcilier signifie refaire des liens entre des personnes ou groupes d’individus brouillés en raison d’actes qualifiés d’inhumains et d’injustices, faire cesser le désaccord qui existe entre eux. La réconciliation se comprend comme un processus ou une mise en route comprenant un ensemble d’actions concrètes et de moyens adaptés à mobiliser en vue de réaliser ce but.

Il est clair que pour mener à bien ce processus de réconciliation, on n’a besoin ni de propagande, ni de slogan, ni d’organiser des « mamaya », encore moins de folklore, mais d’abord d’une prise de conscience claire de notre responsabilité personnelle ou collective dans cette situation qui appelle à une urgence de réconciliation.

Si vos Représentants Religieux, Elhadj Mamadou Saliou Camara, Iman de la Grande Mosquée Fayçal de Conakry et Monseigneur Vincent COULIBALY, Archevêque de Conakry, ont accepté, à la demande du Chef de l’Etat, le professeur Alpha Condé, de conduire cette marche à la tête de notre cher peuple de Guinée, c’est en considérant cette mission et cette responsabilité comme une volonté de Dieu. Nous sommes des Chefs Religieux musulman et Chrétien et à ce titre, nous n’avons pour force d’appui que notre foi et notre confiance en Dieu, un Dieu clément et miséricordieux, qui se met en route avec nous sur le chemin de l’exode, du pèlerinage vers la terre promise de la vérité, de la justice, du pardon, de la réconciliation et de la paix. Nous ne sommes pas des hommes politiques, nous ne sommes donc animés d’aucune ambition personnelle de promotion politique ou sociale, nous voulons tout simplement, en toute humilité et vérité, conscients de nos propres limites humaines, servir la cause de notre pays, de nos populations guinéennes, sans distinction d’opinion politique, d’ethnie et de religion. Avec vous, croyants musulmans et chrétiens, nous voulons écrire de nouvelles pages dans l’histoire de notre pays en nous libérant des chaînes du passé et en proclamant ensemble, dans cette démarche de foi, que rien n’est impossible à Dieu.

Faut-il rappeler, dès ici, que l’article 2 du décret D/2011/192/PRD/SGG du 24 juin 2011, portant création de la Commission de Réflexion sur la Réconciliation Nationale , affirme l’indépendance de cette commission dans ses activités ? A ce titre, nous pouvons vous donner aujourd’hui l’assurance que nous respecterons scrupuleusement le contenu de ce décret.

Il faut rappeler aussi que les souffrances des guinéens pendant de nombreuses années ont atteint Dieu. Puisque nous sommes ses créatures. C’est pour cela que nous avons choisi le 28 septembre 2011, comme JOURNEE DU PARDON A DIEU. Avant de parler de nous-mêmes, et de chercher à nous réconcilier entre nous, commençons par nous tourner vers Dieu, pour demander sa miséricorde et sa bénédiction. Commençons par nous réconcilier avec Dieu. Telle est l’activité que nous vous proposons, chers compatriotes, avant d’entamer le travail de notre commission.

En vous invitant aujourd’hui à célébrer cette JOURNEE DU PARDON A DIEU, permettez-nous, avant de nous mettre à votre écoute, de vous présenter quelques réflexions pour vous indiquer le sens de notre marche vers la réconciliation nationale.

L’appel à la réconciliation nationale est le cri d’espoir de tous les guinéens. Mais comment en sommes-nous arrivés à cette situation d’urgence de réconciliation ?

La réponse à cette question, n’est-elle pas à chercher dans l’histoire politique de la Guinée , animée par les différents acteurs qui ont assumé des responsabilités dans la gestion politique et administrative du pays ?

Si des crimes horribles ont été commis à certaines étapes douloureuses de notre histoire, n’est-ce pas parce qu’à ces étapes dramatiques, la gouvernance politique et administrative a connu des dérives préjudiciables à la dignité humaine et à la justice sociale ?

Si la responsabilité suprême de ces crimes doit être attribuée à ceux qui détenaient le pouvoir suprême et qui auraient donné des ordres à exécuter, est-ce que des groupes sociaux et des individus n’ont-t-ils pas largement bénéficié des avantages matériels, financiers, économiques et sociaux des différents régimes politiques, sous la protection d’une impunité politique ?

Ces complicités actives ou passives n’élargissent-elles pas déjà le champ d’une responsabilité collective ?

En effet, nous guinéens, dans l’histoire de notre pays, galvanisés par l’idéologie de l’heure, qui prenait parfois des formes d’exclusion et d’intolérance politique, n’avons-nous pas tous crié pendant des décennies, à gorge déployée ; « A bas ! Au poteau ! » en dansant et chantant sous les cadavres des pendus ; des guinéens, dans des tribunaux « populaires et révolutionnaires », des PRL de l’époque, n’ont-ils pas dénoncé, condamné et livré d’autres guinéens, de toutes les ethnies, de toutes les régions, de toutes les conditions sociales, de toutes les religions, à la torture, à la mort, à l’exil clandestin, à l’expropriation des biens, à la dissolution des familles, des foyers, exprimant ainsi une solidarité approuvant des crimes odieux, en vue de préserver leurs propres vies dans une conscience de lâcheté ?

Dans un passé récent, n’avons-nous pas assisté, impuissants ou souvent acteurs, aux événements de juillet 1985, de janvier et février 2007, du 28 septembre 2009?

D’un régime à un autre, malgré l’évidence des situations de violations flagrantes des droits de l’homme, des groupes d’intérêt, n’ont-ils pas été solidaires des tueries successives et des éliminations à caractère racial et arbitraire d’autres guinéens, en tirant profit des « dépouilles des vaincus », du chaos politique, social et administratif ?

D’un régime à un autre, n’avons-nous pas bradé le patrimoine national en hypothéquant ainsi la politique de développement économique et social de notre pays ?

D’un régime à un autre, n’avons-nous pas laissé prospérer les réseaux de trafiquants de drogue dans tous les rouages de la société guinéenne, uniquement préoccupés de nous construire des empires personnels et familiaux de puissance économique et financière au milieu de la pauvreté et de la misère de l’ensemble de la population guinéenne ?

D’un régime à un autre, des guinéens ne continuent-ils pas à se rejeter les uns sur les autres les responsabilités des violences, des injustices sociales et des massacres de vies humaines et de biens, comme pour s’amender d’une responsabilité personnelle et collective ?

Malgré ces évidences de barbarie, de « crime contre l’humanité », est-il salutaire pour la Guinée , chers compatriotes, de remuer la « boue » qui a tâché notre conscience personnelle et collective, et de s’engager, sous la pression instinctive d’une exigence impérative de vérité et de justice, de réparation, dans l’aventure d’une procédure judiciaire qui ouvrirait la porte à des règlements de compte interminables, et rendrait encore plus fragile le tissu social si gravement fracturé ? Qui jugera qui, dans cette situation complexe globale et inextricable de solidarités et de complicités ? Qui prétendra avoir les mains et la conscience pures, quand les bourreaux deviennent des victimes, et quand les victimes deviennent des bourreaux, dans le cercle infernal des vengeances ?

Chers compatriotes, en exprimant cet avis, nous n’entendons nullement donner notre caution à l’impunité, mais pour y parvenir, notre marche vers la réconciliation nationale ne doit-elle pas, au contraire, nous porter à assumer ensemble la responsabilité collective des crimes de ce passé douloureux ? N’est-il pas temps de nous ressaisir, de nous remettre au travail, et d’engager un dialogue de réconciliation sous « l’arbre à palabre » africain, qui conduirait à aménager des dispositions préventives contre l’impunité, contre l’injustice sociale, contre la mauvaise gestion, en un mot contre la mauvaise gouvernance , en vue de crier ainsi ensemble « plus jamais çà », dans une volonté consensuelle, fondée sur la vérité de bâtir une société réconciliée avec les aspirations légitimes de l’homme ?

Nous sommes donc persuadés, à la lumière de notre cheminement politique, que le problème de la réconciliation ne concerne pas les relations entre les différentes composantes de la population guinéenne, si intimement intégrées dans les familles et les pratiques religieuses musulmanes et chrétiennes. L’épicentre de la réconciliation se situe dans la nature des relations entre les gouvernants et les gouvernés souvent manipulés et livrés comme proies faciles aux appétits matériels insatiables de leurs gouvernants et de leurs leaders politiques, car l’acquisition du pouvoir politique et administratif, en Afrique, demeure un tremplin, non pour servir la nation, mais pour s‘assurer une promotion matérielle, économique et sociale, au grand mépris des citoyens naïfs et de bonne foi, sans cesse mobilisés pour le soutien d’un régime ou d’un parti, dont les ambitions sournoises et parfois machiavéliques, sont habilement enveloppés dans un langage et des slogans démagogiques appropriés à cet effet.

Pour quelles raisons, en effet, des guinéens, d’un régime à un autre, ont osé défier tous les risques au prix de leurs vies, sinon pour réclamer, au nom des aspirations inaliénables de l’homme, une meilleure gouvernance politique, administrative et économique ?

Pour quelles raisons encore, des populations africaines, qui vivaient ensemble depuis des décennies se sont-elles réveillées un jour pour se regarder en ennemis, pour devenir des génocidaires, si ce n’est sous l’effet du venin de l’idéologie politique, de la manipulation d’un régime et des leaders politiques, de la mauvaise gouvernance, inoculée dans les veines de ces populations ?

En attendant de nous mettre attentivement à l’ écoute de toutes les composantes de la population guinéenne avant de faire des recommandations concrètes, en vue d’ouvrir des chemins de réconciliation à parcourir ensemble, étape par étape, patiemment et résolument, nous vous demandons de nous accompagner de votre prière fervente et incessante, car le chemin de la réconciliation passe tout d’abord par la conversion du cœur de l’homme, par notre disponibilité sincère à collaborer à la volonté de Dieu, et la volonté de Dieu, c’est de réhabiliter l’homme guinéen dans sa dignité. C’est pour cette raison que nous commençons notre marche par la célébration de la journée du pardon à Dieu.

En nous mettant en route avec vous vers la réconciliation nationale, nous voulons attirer votre attention sur les exigences qui sont attachées à notre démarche commune. Le chemin de la réconciliation sera long à parcourir. Il ne se limitera pas à organiser des ateliers, des séminaires, des journées de concertations, qui n’ont souvent aucun impact sur la vie sociale et sur les relations entre les gouvernants et les gouvernés dans notre Afrique où il y a encore de nombreux analphabètes.

En relisant en effet, les exhortations successives faites à l’occasion des Journées Nationales de Dialogue et d’Initiatives organisées à Conakry du 12 au 14 Août 2008, nous trouvons matière à réflexion pour nous sortir de nos illusions.

Dans le discours de solidarité de la CEDEAO , prononcé au nom de Dr Mohammed Ibn Chambas, nous lisons ces lignes pertinentes : « Permettez-moi, Mr. Le Président, de soutenir que nos archives en Afrique rebondissent de discours, des déclarations et des résolutions. Mais c’est la volonté et l’application qui nous manquent. La Guinée , dont certains parmi nous sont toujours fiers, peut s’en dépasser… Sans doute, la Guinée a une histoire riche, un passé glorieux et un peuple fier. Depuis janvier/février 2007 – le vocabulaire « changement » est devenu un mot que tout le monde connaît en Guinée. Nous avons aperçu notre image, notre réflexion dans le miroir du temps et nous nous sommes rendus compte de la nécessité de changer. Nous avons décidé de changer pour le mieux, pas nécessairement changer d’apparence, mais notre moyen de réagir aux problèmes de croissance et de diriger nos affaires dans tous les domaines, surtout au niveau politique, économique et social… En conclusion, la Guinée peut tirer des leçons de son illustre passé et ses expériences récentes. Pourtant, elle peut aussi éviter le danger de s’attacher trop à son ombre. Un oiseau perché au sommet d’un arbre et qui s’absorbe à admirer son ombre y restera longtemps. Cependant, pour qu’il gagne l’altitude, l’oiseau est obligé d’abandonner son ombre. Ce dialogue, j’en suis persuadé, nous montrera une voie nouvelle pour actualiser les bons rêves de l’indépendance et nos aspirations actuelles. Selon un illustre leader africain très respecté, le feu Président Félix Houphouët-Boigny de la Côte d’Ivoire :. ″ Ce n’est pas la coquille de l’indépendance qui compte ; ce sont les contenus : les contenus économiques, les contenus sociaux et les contenus humains″.»

Le Représentant d’IFES à cette rencontre abonde dans le même sens : « Nous sommes aussi conscients que cette concertation sociale n’est pas la première. Il y a lieu ici de souligner les nombreuses initiatives à cet égard depuis ces dernières années, que ce soient les forums sociaux, le Forum des Forces Vives en 2006, les Tables rondes des Acteurs de Développement et tout récemment le Forum de la Société Civile , et les documents que vous avez reçus en font état.

Nous pouvons affirmer qu’avec ces rencontres, tous les problèmes de la Guinée ont été identifiés et des diagnostics clairs ont été posés. Ces journées devraient permettre maintenant de passer à un cran supérieur, c’est-à-dire la réalisation… »

Notre vigilance a été également alertée par le Coordinateur Résident du Système des Nations Unies en Guinée : « Permettez que je vous rappelle que les braves populations, sur l’ensemble du territoire national, ont émis des préoccupations sérieuses quant à l’issue des Concertations de Proximité.

Elles se sont demandées, et probablement continuent à le faire en se disant : ″ Est-ce la montagne ne va pas accoucher d’une souris ?″. Cette préoccupation interpelle tous les acteurs que nous sommes. Faisons en sorte que ce que nous avons laborieusement mené ensemble au cours de ces trois mois ne soit pas ″une rencontre de plus…″ »

Chers compatriotes, ces paroles que nous venons de réécouter ensemble doivent nous renvoyer à nous-mêmes, à notre responsabilité personnelle et collective, à notre amour sincère de notre patrie. Que chacun de nous et tous ensemble, nous nous posions la question suivante : « Est-ce que je suis sincèrement disposé à me réconcilier avec mes frères et sœurs guinéens ? Est-ce que je suis disposé à adhérer de tout mon cœur, de tout mon esprit, de toutes mes forces et de toute mon âme, aux conclusions auxquelles nous parviendrons ensemble, au bout de notre longue marche ?

Qu’il nous soit permis également de soumettre à votre respectueuse attention deux remarques fondamentales.

La première concerne la pédagogie que nous proposerons pour guider et éclairer notre marche.

Elle n’épousera pas nécessairement nos pratiques habituelles, car elle sera fondée essentiellement sur le concept culturel de notre vivre ensemble dans nos sociétés africaines. Ne faut-il pas reconnaître, à cet égard, que nous nous complaisons trop facilement, depuis l’avènement du souffle démocratique en Guinée et en Afrique, dans des concepts totalement étrangers à nos traditions, à nos coutumes, répétant des slogans, des idéologies fabriqués ailleurs et réajustés techniquement et mécaniquement, comme des logiciels, à notre situation particulière ?

Que signifie, par exemple, pour la majorité des guinéens analphabètes, les concepts de « démocratie », de « gouvernance », de « Société Civile », de « mouvement citoyen », de « forces vives », de « leaders d’opinion », etc. ? Quelles sont les valeurs sur lesquelles reposent la régulation de nos sociétés africaines, dans la conception d’une démocratie africaine consensuelle qui se construit sous l’ « Arbre à palabre » ? Que chacun de nous soit renvoyé aux traditions, aux coutumes, aux usages de nos différentes ethnies dans les diverses situations sociales, pour y découvrir les valeurs fondamentales et séculaires de la vie commune africaine.

Nous privilégierons donc les sentiers culturels dans notre pédagogie de la marche vers la réconciliation. Cette attitude n’est pas une fermeture à l’accueil des valeurs de la « mondialisation », à l’écoute de toute institution de bonne volonté désireuse de nous accompagner sur le chemin de la réconciliation nationale. Les portes de la Commission provisoire de réflexion sur la Réconciliation Nationale sont ouvertes pour l’écoute de toute initiative et expérience.

La deuxième remarque concerne la place de nos sages dans la régulation de la vie de nos communautés, des sages dont le rôle est souvent réduit à des apparitions folkloriques pour les besoins de la cause politique. Nous voulons les réhabiliter dans leur dignité et leur vocation fondamentale de dépositaires de la sagesse africaine, qui a permis de préserver notre identité culturelle. Nous voulons qu’ils occupent une place particulière dans la collaboration à l’entreprise de réconciliation nationale, dans la transparence de la recherche de la vérité, de la fidélité à nos valeurs culturelles, échappant aux manipulations politiques, résistant à la tentation matérielle et à la corruption morale.

Avant de terminer, nous tenons à lancer un appel à tous les organes et organismes nationaux et internationaux de pression médiatique, associative, politique, institutionnelle et culturelle, afin qu’ils nous facilitent le travail, dans la discrétion, le respect de notre pédagogie et de notre stratégie qui s’articulent sur quatre temps :

le temps de la prière pour implorer la lumière de Dieu sur notre route, le temps de l’écoute de toutes les composantes de la population guinéenne sur le terrain, le temps de la réflexion sur la récolte de l’écoute, le temps des recommandations finales, en vue d’une mise en application concrète des orientations scellées par un consensus national. Nous leur demandons de s’abstenir de préjuger de nos intentions en créant ainsi un climat de suspicion et d’intoxication défavorables à l’accueil de notre mission de réconciliation.

Nous souhaitons vivement que s’instaure une sorte de période de trêve nationale, qui fait éviter toute parole et comportement de provocation, toute démarche, à travers les mouvements de soutien, les meeting officiels des partis politiques et du gouvernement, qui contribuent à aviver les frustrations ou à véhiculer des idéologies néfastes pour notre détermination de bonne volonté au dialogue de réconciliation.

Chers compatriotes, c’est en votre nom de croyants musulmans et chrétiens que nous sommes mandatés pour cette mission historique de réconciliation nationale. Le défi est donc lancé à la capacité de la religion dans notre pays à être un facteur déterminant de rassemblement dans la construction harmonieuse de notre société guinéenne, dans la vérité, la justice, la solidarité, la paix et l’amour du prochain.

Que Dieu accorde sa bénédiction à notre marche vers la réconciliation nationale, Amen !

Elhaj Mamadou Saliou CAMARA, Imam de la Grande Mosquée Fayçal de Conakry

Son Excellence Monseigneur Vincent COULIBALY, Archevêque de Conakry

Transcription et décryptage, guinee24.com


MI RESPUESTA:
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Al texto catalán sigue su traducción al español.
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(Catalán)

El Masnou, 20-09-2011

Estimat Xec,

gràcies per haver-me enviat aquesta Declaració de la Comissió de Reconciliació Nacional de la República de Guinea (Guinea-Conakry) i per la confiança que diposites en el meu criteri i la meva limitada capacitat d’anàlisi de la situació. Sempre m’has donat senyals clars que valores la meva opinió, però tractant-se de qüestions alienes a la meva experiència i tenint en compte el desconeixement que jo tinc de les realitats africanes i concretament del país implicat, encara em sento més afalagada per l’expectativa que tens de la meva valoració del document. Gràcies.

Vagi per davant que m’he fet el propòsit de apropar-me a valorar el text sense haver llegit encara la teva opinió sobre el particular, que també m’has enviat. He volgut provar de plasmar la meva impressió de manera directa i sense la teva influència. Penso que la reflexió pot ser més àmplia i profunda si la faig en dues fases: primer assajar de digerir la impressió que m’ha causat a mi i després afegir la teva a la meva pròpia per comparar finalment les duen entre si.

En primer lloc hi ha una qüestió important que no em queda clara: la Declaració duu el títol: “Message de la commission de réconciliation nationale lue par Monseigneur Vincent Koulibaly, Archevêque de Conakry”, la qual cosa dóna a entendre que l’arquebisbe de Conakry llegeix el document consensuat per la Comissió de Reconciliació Nacional, que se suposa que formen representants de TOTS els sectors de la societat. Però al final del document només hi ha les signatures dels dos representants religiosos, el cristià i el musulmà, cosa que d’altra banda també reforça el fet que el nom de l’arxiu electrònic digui: “Doc chef religieux...”. Per la manera en què està redactat tendeixo a pensar que no només són ells dos els que han confegit el document... . No sé. Bé, en tot cas, vaig al gra:

En general el text m’ha agradat molt, per moltes raons: Està molt ben estructurat i exposa gradualment el que pretén: de més general a més concret, toca punts que considero essencials, defuig amb molta cura i intel·ligència temes i paraules perillosos que podrien aixecar suspicàcies i despertar hostilitats enlloc de reconciliar, té en compte tota la població guineana (no deixa ningú fora), està escrit amb claredat d’exposició, és didàctic i està pensat amb neutralitat i lucidesa de ment. Aquestes són les característiques generals que n’he extret.

Dit això passo a barallar-me amb punts concrets:

M’agrada la manera d’estructurar el text, pas a pas, gradualment, assegurant-ne la comprensió profunda; m’agrada aquest començament, que es demana què vol dir “reconciliació” i analitza el significat de la paraula. Un cop queda clar el punt de partida, comença la reflexió sobre el mètode, la manera, el COM fer-ho, COM reconciliar-se.

Tu em coneixes i ja t’ho pots imaginar venint de mi: en alguns moments em sembla molt repetitiu en l’esment de Déu i la voluntat de Déu i el perdó de Déu i la reconciliació amb Déu, etc. etc. (pobre Déu!). Sobre tot al principi (tot plegat el que fa referència a Déu vénen a ser gairebé dues pàgines, que tenint en compte que el total són sis... Déu n’hi do! –altre cop, pobre Déu! I és que el pobre el fem servir per a tot i més-).

No vull dir que no sigui un punt important -fins i tot importantíssim- del document que es faci referència al fet que per reconciliar-se amb els éssers humans primer cal demanar perdó a Déu. Ben al contrari, aquest és un dels aspectes que m’ha agradat, i molt. Perquè, malgrat que em considero molt desconeixadora dels països africans, sé que, en general, tot el continent africà és molt religiós. De manera que crec que fan ben fet els qui, conscients de la realitat en què estan immersos, la tenen en compte, la respecten i actuen en conseqüència. D’altra banda –i amb independència d’això que acabo de dir: que els africans són tradicionalment molt religiosos-, crec que l’al•lusió a la reconciliació amb Déu com a condició prèvia per començar la reconciliació amb el proïsme, també es pot fer extensible a qualsevol societat humana, fins i tot a aquelles no tan o gens religioses. Perquè, si ho traduïm a termes laics, la “reconciliació amb Déu” pot entendre’s com el fet de fer examen de consciència, com un exercici d’introspecció, una reflexió que implica el reconeixement de la pròpia culpa. Reconèixer la implicació d’un@ mateix@ per activa o per passiva en els abusos, les agressions, l’explotació, la violència, l’odi, les morts... és indubtablement allò més necessari abans de donar el proper pas, que seria apropar-se a l’altr@ per tal d’evitar en un futur que es repetissin els mateixos abusos i violacions. En aquest sentit –i tret de la recurrència insistent a Déu- m’ha semblat molt intel·ligent, culturalment i psicològicament parlant, aquesta al·lusió a demanar el perdó del Totpoderós.

M’ha agradat molt també que la segona reflexió immediata que fa el text és un repàs dels moments de violència i enfrontaments de la història més recent del país, alhora que fa veure la dificultat de separar culpables d’innocents, perquè en molts casos la frontera entre els uns i els altres es difumina molt gradualment, els graus d’implicació són molts, i pocs són els que directament o indirecta no són d’alguna manera també culpables amb major o menor grau de complicitat.

Arribat a aquest punt jo pensava que el comunicat preparava el camí per dir que, allà on no es poden determinar clarament els culpables tampoc no hi pot haver condemna per a aquests, perquè tothom és culpable en certa manera. Aquest era el perill que jo hi veia: que amb l’excusa de la impossibilitat de separar culpables d’innocents, hom pretengués eximir els responsables de pagar les seves culpes, estalviant-los de passar pels tribunals. Jo pensava que es decantaria per una mena de “Llei de punt i final”. Perquè ho sembla.

El text diu:

"Malgré ces évidences de barbarie, de « crime contre l’humanité », est-il salutaire pour la Guinée , chers compatriotes, de remuer la « boue » qui a tâché notre conscience personnelle et collective, et de s’engager, sous la pression instinctive d’une exigence impérative de vérité et de justice, de réparation, dans l’aventure d’une procédure judiciaire qui ouvrirait la porte à des règlements de compte interminables, et rendrait encore plus fragile le tissu social si gravement fracturé? Qui jugera qui, dans cette situation complexe globale et inextricable de solidarités et de complicités? Qui prétendra avoir les mains et la conscience pures, quand les bourreaux deviennent des victimes, et quand les victimes deviennent des bourreaux, dans le cercle infernal des vengeances?" (La negreta és meva)

Però, dit això, puntualitza:

Chers compatriotes, en exprimant cet avis, nous n’entendons nullement donner notre caution à l’impunité, mais pour y parvenir, notre marche vers la réconciliation nationale ne doit-elle pas, au contraire, nous porter à assumer ensemble la responsabilité collective des crimes de ce passé douloureux ? (La negreta és meva).

Passo a un altre punt:

D’antuvi em va sobtar llegir:

"Nous sommes donc persuadés, à la lumière de notre cheminement politique, que le problème de la réconciliation ne concerne pas les relations entre les différentes composantes de la population guinéenne, si intimement intégrées dans les familles et les pratiques religieuses musulmanes et chrétiennes. L’épicentre de la réconciliation se situe dans la nature des relations entre les gouvernants et les gouvernés souvent manipulés et livrés comme proies faciles aux appétits matériels insatiables de leurs gouvernants et de leurs leaders politiques, car l’acquisition du pouvoir politique et administratif, en Afrique, demeure un tremplin, non pour servir la nation, mais pour s‘assurer une promotion matérielle, économique et sociale, au grand mépris des citoyens naïfs et de bonne foi, [...]." (La negreta és meva).

Em va sorprendre llegir-ho, perquè sempre s’ha sentit a dir que els problemes de confrontació a l’Àfrica vénen donats per les diferències ètniques i els privilegis que l’ètnia que ostenta al poder concedeix a la seva en perjudici de les altres. Però immediatament me’n vaig adonar de la intel·ligència d’aquest enfocament: el comunicat trenca aquest tòpic i canalitza la mirada cap a una altra causa, que entén com la vertadera: la font del mal rau en la relació entre els governants i els governats. En cap moment s’esmenta la paraula “ètnia”. Així diu una veritat com un puny: que la vertadera causa és una qüestió de poder i d’enriquiment personal a costa dels desvalguts, que són la immensa majoria. Això em sembla un exercici d’intel•ligència suprema: qui llegeix / escolta aquest comunicat se n’adona que el problema no només no té res a veure amb les diferències ètniques, sinó que la immensa majoria de la població és víctima del règim de torn, AMB INDEPENDÈNCIA de l’ètnia a què pertany, i la conclusió que en treu és que el que cal és la unió de totes les ètnies contra aquest espoli i aquesta violació dels seus drets. És genial.

També m’ha agradat molt una altre extrem:

El fet que mai no perd de vista la realitat africana i que, lluny de voler copiar models de convivència foranis –els quals esmenta específicament subratllant que són de fora-, fa esment i reclama els valors i les maneres de conviure de les tradicions africanes, retornant així a la població la seva autoestima i aconseguint al mateix temps que la gent senzilla –analfabeta, tal com recorda el text, reivindicant així de manera indirecta el dret a la formació i subratllant la indefensió en què es troba qui no ha gaudit d’aquest dret- comprengui com es pot reconduir la situació i retornar a la convivència pacífica:

"[...] elle [la pedagogia que proposen per aconseguir la reconciliació i la convivència pacífica] sera fondée essentiellement sur le concept culturel de notre vivre ensemble dans nos sociétés africaines. Ne faut-il pas reconnaître, à cet égard, que nous nous complaisons trop facilement, depuis l’avènement du souffle démocratique en Guinée et en Afrique, dans des concepts totalement étrangers à nos traditions, à nos coutumes, répétant des slogans, des idéologies fabriqués ailleurs et réajustés techniquement et mécaniquement, comme des logiciels, à notre situation particulière?

Que signifie, par exemple, pour la majorité des guinéens analphabètes, les concepts de « démocratie », de « gouvernance », de « Société Civile », de « mouvement citoyen », de « forces vives », de « leaders d’opinion », etc. ? Quelles sont les valeurs sur lesquelles reposent la régulation de nos sociétés africaines, dans la conception d’une démocratie africaine consensuelle qui se construit sous l’ « Arbre à palabre »? Que chacun de nous soit renvoyé aux traditions, aux coutumes, aux usages de nos différentes ethnies dans les diverses situations sociales, pour y découvrir les valeurs fondamentales et séculaires de la vie commune africaine." (La negreta és meva).

I més avall:

"[...] la place de nos sages dans la régulation de la vie de nos communautés, des sages dont le rôle est souvent réduit à des apparitions folkloriques pour les besoins de la cause politique. Nous voulons les réhabiliter dans leur dignité et leur vocation fondamentale de dépositaires de la sagesse africaine, qui a permis de préserver notre identité culturelle."

També aquest gest de reconducció cap als valors propis és indirectament una crida a la unió interètnica perquè evidencia que els vertaders problemes es troben en un altre lloc i que cal fer pinya. Però el comunicat no cau en el maniqueisme, no rebutja el que ve de fora, pel sol fet de venir de fora:

"Cette attitude n’est pas une fermeture à l’accueil des valeurs de la « mondialisation », […]"

Per totes aquestes raons el text m’ha semblat també enormement pedagògic, a més d’intel•ligent, realista i honrat.

Ignoro com acollirà la majoria dels ciutadans guineans aquesta no al·lusió a les ètnies; penso que és possible que algun@s ho entenguin com una provocació. Però fer-ho hagués atiat sens dubte el foc de l’odi i hagués aconseguit precisament tot el contrari del que es proposa el text.

T’envio en primer lloc aquest meu comentari, abans de llegir el teu. Un cop ho hauré fet, t’enviaré la meva resposta a les teves reflexions.

Una forta abraçada,

Anna
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CARTA DE ANNA ROSSELL AL TEÓLOGO Y SALESIANO XEC MARQUÈS (20-09-2011)
Traducción al español de Anna Rossell

El Masnou, 20-09-2011

Querido Xec,

gracias por haberme enviado esta Declaración de la Comisión de Reconciliación Nacional de la República de Guinea (Guinea-Conakry) y por la confianza que depositas en mi criterio y mi limitada capacidad de análisis de la situación. Siempre me has dado señales claras de que valoras mi opinión, pero tratándose de cuestiones ajenas a mi experiencia y teniendo en cuenta el desconocimiento que yo tengo de las realidades africanas y concretamente del país implicado, aún me siento más halagada por la expectativa que tienes de mi valoración del documento. Gracias.

Vaya por delante que me he hecho el propósito de acercarme a valorar el texto sin haber leído aún tu opinión sobre el particular, que también me has enviado. He querido intentar plasmar mi impresión de modo directo y sin tu influencia. Pienso que la reflexión puede ser más amplia y profunda si ila hago en dos fases: primero intentar digerir la impresión que me ha causado a mí y después añadir la tuya a la mía propia para comparar finalmente las dos entre sí.
En primer lugar hay una cuestión importante que no me queda clara: la Declaración lleva el título: “Message de la commission de réconciliation nationale lue par Monseigneur Vincent Koulibaly, Archevêque de Conakry”, lo cual da a entender que el arzobispo de Conakry lee el documento consensuado por al Comisión de Reconciliación Nacional, que se supone que forman representantes de TODOS los sectores de la sociedad. Sin embargo al final del documento únicamente constan las firmas de los dos representantes religiosos, el cristiano y el musulmán, lo cual por otro lado también refuerza el título del archivo electrónico: “Doc chef religieux...”. Por el modo en que está redactado tiendo a pensar que no sólo son ellos dos quienes han concebido el documento... . No lo sé. Bien, en todo caso, voy al grano:

En general el texto me ha gustado mucho, por muchas razones: Está muy bien estructurado y expone gradualmente lo que pretende: de más general a más concreto, toca puntos que considero esenciales, rehúye con mucha cautela e inteligencia temas y palabras peligrosos que podrían despertar suspicacias y activar hostilidades en vez de reconciliar, tiene en cuenta a toda la población guineana (no deja a nadie fuera), está escrito con claridad de exposición, es didáctico y está pensado con neutralidad y lucidez mental. Éstas son las características general que he extraído del texto.

Dicho esto paso a pelearme con puntos concretos:

Me gusta la manera de estructurar el texto, paso a paos, gradualmente, asegurando su comprensión profunda; me gusta este comienzo, que se pregunta qué significa "reconciliación" y analiza el sentido de la palabra. Una vez aclarado el punto de partida, comienza la reflexión sobre el método, la manera, el COMO hacerlo, COMO reconciliarse.

Tú me conoces y ya te lo puedes imaginar viniendo de mí: en algunos momentos me parece muy repetitivo en la mención de Dios y la voluntad de Dios y el perdón de Dios y la reconciliación con Dios, etc. etc. (¡pobrecito Dios!). Sobre todo al principio (en su conjunto lo que hace referencia a Dios vienen a ser casi dos páginas, que, teniendo en cuenta que en total son seis... ¡Dios bendito! -otra vez salió Dios, pobrecito Dios! Y es que al pobre lo usamos para todo y más-).

Con esto no quiero decir que no sea un punto importante -incluso importantísimo- del documento que se haga referencia al hecho de que para reconciliarse con los seres humanos primero hay que pedir perdón a Dios. Al contrario, éste es uno de los aspectos que me ha gustado, y mucho. Porque, a pesar de que me considero muy ignorante en materia de países africanos, sé que, en general, todo el continente africano es muy religioso. Do modo que creo que hacen bien aquell@s que, conscientes de la realidad en que están inmersos, la tienen en cuenta, la respetan y actúan en consecuencia. Por otrolado -y con independencia de lo que acabo de decir: que l@s african@s son tradicionalmente muy religios@s, creo que la alusión a la reconciliación con Dios como condición previa para abordar la reconciliación con el prójimo, también se puede hacer extensible a cualquier sociedad humana, incluso a aquellas no tan o nada religiosas. Porque, si lo traducimos a términos laicos, la "reconciliación con Dios" puede entenderse como el hecho de hacer examen de conciencia, como un ejercicio de introspección, una reflexión que implica el reconocimiento de la propia culpa. Reconocer la implicación de un@ mism@ por activa o por pasiva en los abusos, las agresiones, la explotación, la violencia, el odio, las muertes... es indudablemente lo más necesario antes de dar el próximo paso, que sería acercarse al / a la otr@ con el fin de evitar en un futuro que se repitan los mismos abusos y violaciones. En este sentido -y dejando aparte la insistente recurrencia a Dios- me ha parecido muy inteligente, culturalmente y psicológicamente hablando, esta alusión a pedir el perdón del Todopoderoso.

También me ha gustado mucho que la segunda reflexión inmediata que hace el texto es un repaso de los momentos de violencia y enfrentamientos de la historia más reciente del país, al tiempo que hace ver la dificultad de separar culpables de inocentes, porque en muchos casos la frontera entre un@s y otr@s se difumina muy gradualmente, los grados de implicación son muchos, y poc@s son quienes directa o indirectamente no son de algún modo también culpables con mayor o menor grado de complicidad.

Llegado a este punto yo pensaba que el comunicado preparaba el camino para afirmar que, donde no se pueden determinar claramente l@s culpables tampoco puede haber condena para estos, porque tdo el mundo es culpable de algún modo. Éste era el peligro que yo veía: que con la excusa de la imposibilidad de separar culpables de inocentes, se pretendiera eximir a l@s responsables de pagar sus culpas, ahorrándoles el paso por los tribunales. Yo pensaba que se decantaría por una especie de "Ley de punto final". Porque lo parece.

El texto dice:

"Malgré ces évidences de barbarie, de « crime contre l’humanité », est-il salutaire pour la Guinée , chers compatriotes, de remuer la « boue » qui a tâché notre conscience personnelle et collective, et de s’engager, sous la pression instinctive d’une exigence impérative de vérité et de justice, de réparation, dans l’aventure d’une procédure judiciaire qui ouvrirait la porte à des règlements de compte interminables, et rendrait encore plus fragile le tissu social si gravement fracturé? Qui jugera qui, dans cette situation complexe globale et inextricable de solidarités et de complicités? Qui prétendra avoir les mains et la conscience pures, quand les bourreaux deviennent des victimes, et quand les victimes deviennent des bourreaux, dans le cercle infernal des vengeances?" (La negreta és meva)

Pero, dicho esto, puntualiza:

Chers compatriotes, en exprimant cet avis, nous n’entendons nullement donner notre caution à l’impunité, mais pour y parvenir, notre marche vers la réconciliation nationale ne doit-elle pas, au contraire, nous porter à assumer ensemble la responsabilité collective des crimes de ce passé douloureux ? (La negreta és meva).

Paso a otro punto:

De entrada me sorprendió leer:
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"Nous sommes donc persuadés, à la lumière de notre cheminement politique, que le problème de la réconciliation ne concerne pas les relations entre les différentes composantes de la population guinéenne, si intimement intégrées dans les familles et les pratiques religieuses musulmanes et chrétiennes. L’épicentre de la réconciliation se situe dans la nature des relations entre les gouvernants et les gouvernés souvent manipulés et livrés comme proies faciles aux appétits matériels insatiables de leurs gouvernants et de leurs leaders politiques, car l’acquisition du pouvoir politique et administratif, en Afrique, demeure un tremplin, non pour servir la nation, mais pour s‘assurer une promotion matérielle, économique et sociale, au grand mépris des citoyens naïfs et de bonne foi, [...]." (La negreta és meva).

Me sorprendió leerlo porque siempre se ha oído decir que los problemas de confrontación en África vienen dados por las diferencias étnicas y los privilegios que la etnia que ostenta el poder concede a la suya en perjuicio de las otras. Pero inmediatamente me di cuenta de la inteligencia de este enfoque: el comunicado rompe ese tópico y canaliza la mirada hacia otra causa, que entiende como la verdadera: la fuente del mal radica en la relación entre los gobernantes y los gobernados. En ningún momento se menciona la palabra "ètnia". Así dice una verdad como un puño: que la verdadera acausa es una cuestión de poder y de enricecimiento personal a costa de los desvalidos, que son la inmensa mayoría. Esto me parece un ejercicio de suprema inteligencia: quie lee / escucha este comunicado se da cuenta de que el problema no sólo no tiene nada que ver con las diferencias étnicas, sino que la inmensa mayoría de la población es víctima del régimen de turno, CON INDEPENDENCIA de la etnia a la que pertenece, y la conclusión que saca es que lo que las etnias deben hacer es unirse contra este expolio y esta violación de sus derechos. Es genial.

También me ha gustado mucho otro extremo:
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El hecho de que nunca pierde de vista la realidad africana y que, lejos de querer copiar modelos de convivencia foráneos -los cuales menciona específicamente destacando que son de fuera-, menciona y reclama los valores y los modos de convivir de las tradiciones africanas, devolviendo así a la población su autoestima y consiguiendo al mismo tiempo que la gente sencilla -analfabeta, tal como recuerda el texto, reivindicando así de manera indirecta el derecho a la formación y subrayando la indefensión en que se encuentra quien no ha gozado de este derecho- comprenda cómo se puede reconducir la situación y recuperar la convivencia pacífica:

"[...] elle [la pedagogia que proposen per aconseguir la reconciliació i la convivència pacífica] sera fondée essentiellement sur le concept culturel de notre vivre ensemble dans nos sociétés africaines. Ne faut-il pas reconnaître, à cet égard, que nous nous complaisons trop facilement, depuis l’avènement du souffle démocratique en Guinée et en Afrique, dans des concepts totalement étrangers à nos traditions, à nos coutumes, répétant des slogans, des idéologies fabriqués ailleurs et réajustés techniquement et mécaniquement, comme des logiciels, à notre situation particulière?

Que signifie, par exemple, pour la majorité des guinéens analphabètes, les concepts de « démocratie », de « gouvernance », de « Société Civile », de « mouvement citoyen », de « forces vives », de « leaders d’opinion », etc.? Quelles sont les valeurs sur lesquelles reposent la régulation de nos sociétés africaines, dans la conception d’une démocratie africaine consensuelle qui se construit sous l’ « Arbre à palabre»? Que chacun de nous soit renvoyé aux traditions, aux coutumes, aux usages de nos différentes ethnies dans les diverses situations sociales, pour y découvrir les valeurs fondamentales et séculaires de la vie commune africaine." (La negreta és meva).

Y más abajo:

"[...] la place de nos sages dans la régulation de la vie de nos communautés, des sages dont le rôle est souvent réduit à des apparitions folkloriques pour les besoins de la cause politique. Nous voulons les réhabiliter dans leur dignité et leur vocation fondamentale de dépositaires de la sagesse africaine, qui a permis de préserver notre identité culturelle."

También este gesto de reconducción hacia los valores propios es indirectamente una llamada a la unión interétnica porque evidencia que los verdaderos problemas están en otro lugar y que es necesario unir esfuerzos. Pero el comunicado no cae en el maniqueísmo, no rechaza lo que viene de fuera por el mero hecho de venir de fuera:

"Cette attitude n’est pas une fermeture à l’accueil des valeurs de la « mondialisation », […]"

Por todas estas razones el texto me ha parecido también enormemente pedagógico, además de inteligente, realista y honrado.

Ignoro cómo acogerá la mayoría de l@s ciudadan@s guinean@s esta no alusión a las etnias; pienso que es posible que algun@s lo entiendan como una provocación. Pero hacerlo hubiera atizado sin duda el fuego del odio y hubiera conseguido precisamente todo lo contrario de lo que se propone el texto.
Te envío primero este comentario mío, antes de leer el tuyo. Una vez lo haya leído, te mandaré mi respuesta a tus reflexiones.

Un fuerte abrazo,

Anna

9 de septiembre de 2011

GRAN FESTA DE CLOENDA DE LA "II EDICIÓ DE POESIA I MÚSICA A LA PLATJA (El Masnou-Ocata)

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 A "L'Últim Xiringo" d'El Masnou-Ocata. Últim dilluns de la temporada.

L'Últim Xiringo (El Masnou-Ocata)

Volem celebrar-ho amb tot@s aquell@s que hem recitat, cantat o tocat algun instrument amb tot@s aquell@s que heu compartit tants bons moments amb nosaltres al Xiringo d'en Xavier Giménez ´-"L'Últim Xiringo" d'El Masnou-Ocata (Carretera N II, a la platja, devant de la confluència amb l'Avda. Kennedy).

Aquesta II Edició ha consolidat la idea que vàrem posar en marxa l'any passat i ha estat tot un èxit. Hi han participat molts més potes i músics que l'any passat i els medis se n'han fet ressò: l'activitat ha sortit anunciada regularment a la Revista Cultural La Náusea, a la Revista La Clau, als informatius de Ràdio Premià de Mar, a l'agenda d'activitats del Periódico de Catalunya, i m'han fet dues entrevistes -Ràdio Cabrils i Ràdio Premià de Mar- i aquesta última m'ha convocat a una altra entrevista dilluns que ve al matí (al programa de la Lola Busquets, 10:30 h). Això és el que m'ha arribat, però és molt possible que no m'hagi arribat tot.

Per aquest èxit m'agradaria donar-vos les gràcies a tot@s, als / les poetes, als músics i cantants i al públic que ens heu acompanyat. Sense vosaltres no ho haguéssim fet. Vosaltres n'heu estat els protagonistes.

La idea de la Gran Festa de Cloenda consistirà tant a recitar i fer música com a celebrar-ho i passar-ho bé.
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A continuació teniu la llista de convidats-protagonistes a la Gran Festa. No tot@s podran venir, però serem molt@s.
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Dilluns, 12-09-2011:

Gran Festa de Cloenda de la II Edició de Poesia a la Platja 2011(El Masnou-Ocata -Barcelona / Spain).

POETES QUE HAN PARTICIPAT AQUEST ESTIU (2011)

Pepa Ortiz 
Josep Pedrals 
Rosa Abuchaibe (amb Mireia Zantop) 
Jordi Valls
Domingo J. Sánchez 
Juan José Romero Montesinos -Terly- 
Xavier Jové 
Mireia Vidal-Conte 
Imma Arrabal 
Alicia Cancela 
Laura Pérez 
Amelia Díaz 
Marcelo Díaz
Felipe Sérvulo 
Guillem Vallejo 
Anna Calero 
Marian Raméntol (amb Cesc Fortuny) 
Blai Collado 
Amalia Sanchís 
Mayde Molina 
Hildegard Munné 
Àlex Balsells 
Anna Benítez (amb Toni Salvador)
Ricardo Fernández 
Marta Pera 
Carlos Serra Ramos 
Joan Todó 
María de Luis 
Pura Salceda 
Pau Gener
Josep Anton Soldevila 
Antonio García Lorente 
Aitana García
Maite León
Tomàs Arias 
Juan Pablo Martínez
Lali Ribera 
Sixta Tulia Arango 
Anna Rossell 
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MÚSICS

More
Txapu
Alfredo Martínez
Sergi i Luri
Sandra Marés
Núria Balaguer i “sus muchacho-as"
Cesc Fortuny
Toni Salvador
Carmen Vera (Gospel a capella)
Nikosia (Francesc Miralles i el seu grup)
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I després de recitar, que hi hagi música, molta música! Als músics us tocarà treballar de valent.

Us esperem a tot@s. Fins dilluns.
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7 de septiembre de 2011

CORRESPONDENCIA ANNA ROSSELL-XEC MARQUÈS (07-09-2011)

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Querido Xec,

hace algunos días, no muchos, con motivo del revuelo que se ha organizado en el mundo por la hambruna estructural que ya desde hace tiempo sufre el cuerno de África (Somalia...), tú te preguntabas: ¿Cómo es posible que, en tan poco tiempo, ahora de repente salgan cantidades astronómicas de dinero para paliar esta hambruna y tantas muertes?, ¿de dónde sale este dinero? y aún te hacías otra pregunta básica: ¿Cómo es posible que los especialistas en bolsa puedan prever las alzas y / o las caídas de valores y no seamos capaces de prever esta hambruna, que es más que previsible, dadas las condiciones que reinan en esta zona desde hace tanto? Yo intentaba responderte a ambas cuestiones, tan esenciales y sorprendentes. Mi conclusión -decía yo- era que había que desconfiar, había que pensar mal, pensar que a alguien ("alguien" en plural y con mayúsculas) debía de interesarle esta hambruna, que la hambruna debía de reportar cantidades astronómicas de dinero a ese "alguien".

Pues pocos días después -el pasado domingo- venía la respuesta a estas preguntas en el suplemento dominical de El País. Lamentablemente yo tenía razón. El artículo no tiene desperdicio. Lo he escaneado para que puedas leerlo. [Copio el artículo a continuación para l@s lectores de esta carta en el blog].
Aquí lo tienes. Cuando lo hayas leído, no lo tires. Hay que copiarlo y ponerlo en un marco. Ahora la pregunta que se me plantea es otra:

¿Cómo se puede saber esto -puesto que se publica- y que no resuene en el mundo, a continuación, de inmediato, un clamor que se oiga de una orilla a otra? ¿Cómo no se levanta el mundo entero en una revolución insólita, globalizada y sin fronteras? Los inversores y analistas a los que el artículo hace referencia invierten en muertes y hambre como en otro valor cualquiera en bolsa, especulan con ella. Me quedo sin palabras. Poco a poco la capacidad humana de acostumbrarnos a TODO, exactamente a TODO, a cualquier cosa, por más cruel e indescriptible que sea, se va haciendo mayor.... Ya nada nos hiere ni nos sorprende. Nos vamos volviendo insensibles. Los seres humanos conocemos cada vez más las aberraciones y abominaciones que suceden en el mundo, las tragedias y crueldades promovidas por el propio ser humano se han banalizado, forman parte de la NORMALIDAD de nuestra vida cotidiana.

Lamentablemente.

Aquí te adjunto el texto. Ya me dirás.

Un fuerte abrazo,

Anna
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(Publicado en El País, domingo, 04-09-2011)
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Clicad una vez con el botón izquierdo del ratón sobre el texto y aumentará de tamaño. Volved a clicar de nuevo sobre el texto y entonces podréis leerlo

1 de septiembre de 2011

DILLUNS QUE VE, 05 DE SETEMBRE, POESIA A LA PLATJA, A "L'ÚLTIM XIRINGO" D'EL MASNOU-OCATA (BARCELONA / SPAIN)

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Estimats, estimades amants de la poesia, de la platja i dels bons moments,

només recordar-vos la cita que tenim amb la MÚSICA I la POESIA

 a l' "Últim Xiringo" d'El Masnou-Ocata (Barcelona / Spain), 21:00 h.

COMENCEM A LES 21:00 h.

L' "Últim Xiringo" de la Platja d'El Masnou-Ocata

EL PROGRAMA

DILLUNS QUE VE, 05 DE SETEMBRE 2011

Sixta Tulia Arango

Tomàs Arias

Antonio García Lorente i Aitana García Márquez

Maite León

Lali Ribera

Domingo J. Sánchez

Les lectures poètiques es faran en dos blocs -entremig dels dos blocs hi ha l’actuació musical de cantautors-. Així doncs hi haurà dues rondes de lectura poètica: cada poeta intervindrà dues vegades –cada vegada entre 5 i 10 minuts-. Les dues rondes juntes seran aproximadament de 10-15 minuts per poeta (màxim 20 minuts).

Espero que tornem a gaudir plegats de la màgia a què ens convida aquest preciós escenari.

No us ho podeu perdre. Porteu amics!

Una forta abraçada i fins aviat,

31 de agosto de 2011

UNA PROFECÍA LITERARIA SOBRE EL GENOCIDIO JUDÍO

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Friedrich Torberg, Mía es la venganza
Traducción de Lidia Álvarez Grifoll
Sajalín Editores, Barcelona, 2011, 114 págs.


por Anna Rossell

Escrita y publicada por primera vez en 1943 en su exilio norteamericano, esta novela breve de Friedrich Torberg (Viena 1908 – Viena 1979) –escritor, periodista (comentarista deportivo y crítico teatral)- constituye, junto a Der Schüler Gerber hat absolviert -El estudiante Gerber ha aprobado, publicada en 1930 en Viena-, uno de los mejores textos de su autor. La novela tiene la prerrogativa de ser pionera en su tiempo en enfrentarse al tema del genocidio nazi, adelantándose a los hechos históricos de los planes de exterminio, y sigue perteneciendo a la minoría de las que no tratan sólo de la actuación inhumana de los nazis y del tormento físico de los judíos, sino también de un dilema moral.

Mía es la venganza, que se publica ahora en España junto con el relato El regreso del Golem, es un pequeño tesoro literario, pues sabe condensar en sesenta y seis páginas el período más negro de la historia europea del siglo XX a través de la biografía de un judío y de sus terribles vivencias en un campo de concentración. La novela es una pieza maestra de la narrativa breve, pues maneja con precisión la concisión significativa; raras veces tan pocas palabras glosan tanto: el dolor, la tortura psicológica y física, los planes nazis del exterminio de los judíos, los métodos de los torturadores, la reflexión sobre la venganza, la culpa, el exilio… .

A partir de la reiterada coincidencia de dos personajes en un muelle de Nueva Jersey en 1940 y de la conversación que entablan, Torberg construye el marco de los hechos que narra el protagonista judío a su interlocutor casual, quien a su vez nos los transmite. Rehuyendo todo sentimentalismo, el autor describe con un lenguaje lacónico, lúcido y conciso el sufrimiento de los internos del barracón de los judíos de un campo de concentración considerado “no tan malo”, a partir del momento en que destinan allí al sádico jefe del grupo de las SS Hermann Wagenseil como nuevo comandante. El núcleo temático de la novela lo constituye, como anuncia el título, el tema de la venganza, una discusión a la que se entregan los judíos del campo y en la que un futuro rabino defiende la de Dios como única legítima, remitiendo a las palabras divinas de la Biblia. Original y magistral es la estructura, que coloca el clímax al final, dando un golpe de efecto extraordinariamente sorprendente, que contiene la clave interpretativa y parece desvelar la posición del propio autor hacia la cuestión medular que plantea. El texto da fe del humanismo de Torberg, cercano al de Stefan Zweig.

La edición que comentamos ha seguido el ejemplo de la alemana de 1968, que publicó la novela con el relato El regreso del Golem. La edición conjunta resulta adecuada y justificada, no sólo porque el relato abunda en la misma temática, sino porque constituye un complemento de la novela, tanto informativo de los hechos históricos como de la propuesta que hace el autor respecto de la reflexión sobre la venganza. A lo largo de cuarenta y cinco páginas y tomando como punto de partida la leyenda del Golem, el autor vienés da cuenta de cómo funcionó el plan del jefe del Reich de las SS de reunir en Praga “todo lo que evidenciara la actividad infecta, infame y peligrosa para la humanidad de los judíos, y que permitiera demostrar que tenían que ser exterminados […]”. El llamado “Programa de Ilustración”, que consistía en diseccionar “científicamente” todo el material reunido para darle categoría de documento tras un estudio que condujera a las conclusiones deseadas que justificaran el exterminio, lleva a convivir y a trabajar conjuntamente a un grupo de nazis y judíos. También el relato resulta muy informativo al abordar un aspecto poco común en la literatura llamada del holocausto. Para quienes no estén muy familiarizados con ella será novedosa la diferenciación que hacían los nazis al conjeturar sobre su colaboración: “Algunos lo harían voluntariamente y con conocimiento de causa […]; algunos lo harían voluntariamente y sin conocimiento de causa […]; algunos lo harían por obtener ventajas personales; y a algunos probablemente habría que doblegarlos, o bien con promesas o bien con amenazas.” Todo un abanico del refinamiento de los métodos nacionalsocialistas plasmados en la estrecha convivencia entre verdugos y víctimas, una matizada diferenciación de actitudes entre la complicidad y la autodefensa de estas últimas.

Friedrich Torberg, cuyas obras fueron prohibidas en 1933 con la ascensión de los nazis al poder, por su ascendencia judeoalemana, se vio obligado a emigrar primero a Suiza, en 1938, y después a los Estados Unidos gracias al visado que le procuró el club P.E.N., que lo protegió especialmente como autor alemán anti-nazi. De su exilio americano regresó a Viena en 1951. Ya antes de la guerra, en Praga y en Viena, Torberg frecuentó los cafés y las tertulias de los intelectuales de su tiempo, los mismos a los que acudían Hermann Broch, Robert Musil y Franz Werfel. Fue amigo de Egon Erwin Kisch, Alfred Polgar y Joseph Roth. Conoció a André Malraux, Bertrand Russell y Ernst Toller. En el exilio frecuentó el círculo de emigrantes de Hollywood que acogió a Lion Feuchtwanger, Thomas Mann y también a Bertolt Brecht, a pesar del anticomunismo que caracterizaba al autor vienés.

Mía es la venganza es la primera obra suya que se publica en España.

© Anna Rossell 

(Publicado en Bocadesapo. Revista de Arte, Literatura y Pensamiento: http://agendabds.blogspot.com/, 08-09-2011). También en: Anna Rossell, Una profecía literaria sobre el genocidio judío. Friedrich Torberg, Mía es la venganza, en en Bocadesapo. Revista de Arte, Literatura y Pensamiento: http://agendabds.blogspot.com/, 08-09-2011). También en: Crítica de Libros: http://www.criticadelibros.com/libros-que-recomendamos/una-profecia-literaria-sobre-el-genocidio-judio/

29 de agosto de 2011

CORRESPONDÈNCIA XEC MARQUÈS-ANNA ROSSELL (27-08-2011) / CORRESPONDENCIA XEC MARQUÈS -ANNA ROSSELL (27-08-2011)

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CARTA DEL TEÒLEG I SALESIÀ XEC MARQUÈS A MANOLO ÁVILA I ANNA ROSSELL (27-08-2011)
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CARTA DEL TEÓLOGO Y SALESIANO XEC MARQUÈS A MANOLO ÁVILA Y ANNA ROSSELL (27-08-2011)

Manolo Ávila (esquerre) i Xec Marquès (El Masnou, gener, 2011) / Manolo Ávila (izquierda) y Xec Marquès (El Masnou, enero, 2011)
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Aquesta carta fa referència a un conte filosòfic d'en Xec Marquès publicat a la carta anterior

Català

Conakry, 27-08-2011


Benvolguts,

hi ha un principi biològic que diu que l’ontogènesi recapitula la filogènesi. El desenvolupament de l’embrió, d’alguna manera és un resum del desenvolupament de l’espècia humana, “d’alguna manera”.

No només en el pla biològic, també, d’alguna manera, en el pla psicològic i relacional. Així, per una successió de ruptures, aprenem que no som únics i que no som el TOT, que no fem UN amb el món i amb els altres. Des de la sortida del ventre de la seva mare al naixement de la seva germana, a la descoberta del seu pare.... en Kirikou [1] aprèn que hi ha distàncies. El valor absolut de la seva persona no es pot viure en la fusió (no proposo una solució panteista), només en l’alteritat. En Kirikou és déu; té valor absolut i desig d’eternitat, però al mateix temps només és un déu perquè és-en-relació-amb l’altre, amb el món i amb el temps.

L’Anna ha trobat bé la referència al llibre del Gènesis. Hi ha una successió de ruptures: entre la persona humana i Déu, entre l’home i la dona, entre la persona i la natura (tot això d’un cop) i desprès entre les generacions i a l’interior d’elles.

El conte situa en el temps (perquè és una experiència única per a cadascú, com si el món nasqués amb cadascú de noltros, però una experiència plural perquè el món reneix amb cada naixença) imaginant un no-temps-eternitat per posar de relleu que no és perquè el mateix passi una multitud de vegades que cada vegada que passi deixi de tenir un valor absolut per a cadascú.

En aquest sentit hi ha un paral·lelisme entre el temps des de sempre i per sempre i el temps que comença amb cadascú de noltros i cadascuna de les nostres ruptures.

El fet d’utilitzar el concepte de déu:
El temps on hi havia Déu (posem-lo en majúscules) i el temps on hi havia “un déu” posar de relleu una altra dimensió de l’alteritat, que té avui accents extremistes.

- Déu (únic) i el seu poble és Israel.

- Déu (únic) i Jesús és el Fill.

- Déu (únic) i Mohamed és el seu profeta.

Per no fer referència només que a les tres grans religions i als seus conflictes.

El conte posa els termes del problema i tolvegada la manera de posar-los apunta alguna perspectiva de solució per a més endavant.

Som uns déus i ningú és profeta de si mateix.

Xec

[1] Kirikou és el protagonista d'un conte africà (Nota de la traductora)
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CARTA DEL TEÓLOGO Y SALESIANO XEC MARQUÈS A MANOLO ÁVILA I ANNA ROSSELL (27-08-2011)
Traducción al español de Anna Rossell
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Esta carta hace referencia a un cuento filosófico de Xec Marquès publicado en la carta anterior

Conakry, 27-08-2011

Queridos,

hay un principio biológico que afirma que la ontogénesis recapitula la filogénesis. El desarrollo del embrión, de algún modo es un resumen del desarrollo de la especie humana, "de algún modo".

No sólo en el plano biológico, sino también, de algún modo, en el plano sicológico y relacional. Así, por una sucesión de rupturas, aprendemos que no somos únicos y que no somos el TODO, que no configuramos UNO con el mundo y con los demás. Desde la salida del vientre de su madre al nacimiento de su hermana, al descubrimiento de su padre... Kirikou [1] aprende que hay distancia. El valor absoluto de su persona no puede vivirse en la fusión (no propongo una solución panteísta), sólo en la alteridad. Kirikou es dios; tiene valor absoluto y deseo de eternidad, pero al mismo tiempo sólo es un dios porque es-en-relación-con el otro, con el mundo y con el tiempo.

Anna ha visto bien la referencia al libro del Génesis. Hay una sucesión de rupturas: entre la persona humana y Dios, entre el hombre y la mujer, entre la persona y la naturaleza (todo esto de una vez) y después entre las generaciones y en su propio interior.
 
 El cuento sitúa en el tiempo (porque es una experiencia única para cada individuo, como si el mundo naciera con cada un@ de nosotr@s, pero es una experiencia plural porque el mundo renace con cada nacimiento) imaginando un no-tiempo-eternidad para poner de relieve que no es porque el mismo pase una multitud de veces por lo que cada vez que pasa deja de tener un valor absoluto para cada individuo.
En este sentido existe un paralelismo entre el tiempo desde siempre y por siempre y el tiempo que comienza con cada individuo y cada una de nuestras rupturas.

El hecho de utilizar el concepto de dios:
El tiempo en que había un Dios (pongámoslo con mayúsculas) y el tiempo en que había "un dios" pone de relieve otra dimensión de alteridad, que tiene hoy acentos extremistas.
-Dios (único) y su pueblo es Israel
-Dios (único) y Jesús es el Hijo
-Dios (único) y Mohamed es su profeta

Por no hacer referencia más que a las tres grandes religiones y a sus conflictos.

El cuento plantea los términos del problema y tal vez el modo de plantearlos apunta alguna perspectiva de solución para más adelante.

Somos unos dioses y nadie es profeta de si mismo.

Xec

[1] Kirikou es el protagonista de un cuento africano (Nota de la traductora)

CONJUGACIÓN / CONJUGACIÓ

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Al original catalán sigue su traducción al español

(Catalán)

Conjugació

Jo tinc
un sou, casa, papers,
amics, amor,
tinc béns segurs,
jo tinc un somni,
una il·lusió.

Tu tens
un somni, una il·lusió,
no tens un sou ni casa
ni papers,
tu tens amics i amor,
però no tens béns.

Ell té
el seu nom, té dues mans,
feina no en té,
va tenir mare,
té set i fam,
té la malària, i temps.

Ella té
un nom, té dues mans,
feina sí en té,
té por, marit,
té criatures,
té set, té fam,

somnis no en té.

© Anna Rossell, La ferida en la paraula, Barcelona, 2010
*
*
(Español)

Conjugación

Yo tengo
un sueldo, casa, papeles,
amigos, amor,
tengo seguridad,
yo tengo un sueño,
una ilusión.

Tú tienes
un sueño, una ilusión,
no tienes sueldo ni casa
ni papeles,
tú tienes amigos y amor,
seguridad no tienes.

Él tiene
su nombre y sus dos manos,
trabajo no,
tuvo una madre,
tiene hambre y sed,
tiene malaria y tiempo.

Ella tiene
un nombre y sus dos manos,
trabajo sí,
miedo también, tiene marido,
tiene chiquillos
tiene hambre y sed,

sueños no tiene.

© Anna Rossell, La ferida en la paraula, Barcelona, 2010
© de la traducción Anna Rossell

28 de agosto de 2011

PARA No Mundo eNos Livros, MI ÚLTIMO CONTERTULIO, ESTE POEMA

*
Al original catalán sigue su traducción al español
*
LLOANÇA DE LA DIVERSITAT

Si no fos per la por,
el món se m’obriria,
guanyaria espais desconeguts
al mar, a la llum, a l’aire,
miraria els records sense veure’m
i et veuria a tu,
que et formaries,
com si en aquell precís moment
nasquessis.

La branca no hauria conegut el riu
si ella no hagués gosat
deixar el seu àmbit,
el familiar racó de fulles i de branques,
per inclinar-se encuriosida
a tocar l’aigua.
I amb aquest gest
ha descobert les pedres,
les flors menudes que allà dalt no veia
i que invoquen la presència d’altres éssers:
quin ventall de colors li proposen!,
quants aromes li porten de lluny!
S’hi endinsa, s’hi barreja, s’hi troba,
el vent la bressola,
i el somni que pensa
la passeja per un llenguatge nou
banyada d’infinit desig de l’altre,
que abans no coneixia i que li parla
a ella, i que li parla d’ella
amb un sentit distint,
que per conèixer la fa néixer
i a cada moment fer-se i canviar.
Igual que dos amants
són l’un i l’altre,
fluint i confluint
de l’altre a l’un.

© Anna Rossell, La veu per companya, Barcelona, 2011.
*
*
(Español)


ALABANZA DE LA DIVERSIDAD

Si no fuera el temor,
se me abriría el mundo,
ganaría al mar, al aire y a la luz
espacios ignorados,
miraría recuerdos sin yo verme
y te vería a ti,
que te moldearías,
como si nacieras en aquel mismo
momento.

La rama no habría conocido al río
si ella no hubiera osado
dejar su propia esfera,
el familiar rincón de hojas y ramaje,
para inclinarse curiosa
hasta rozar el agua.
Y con este gesto
descubrió las piedras,
las menudas flores que arriba no veía
i que invocan la presencia de otros seres:
¡qué abanico de colores le proponen!,
¡cuántos aromas le traen de lo lejos!
Se adentra, se mezcla, se encuentra,
el viento la mece,
y el sueño que piensa
la pasea por un lenguaje nuevo
bañada de infinito deseo del otro
al que no conocía y que le habla
a ella, y que le habla de ella
de distinta forma,
que por conocer la hace nacer
y hacerse y cambiar a cada paso.
Igual que dos amantes
son uno y otro,
fluyendo y confluyendo
de otro a uno.

© Anna Rossell, La veu per companya, Barcelona, 2011).

© de la traducción Anna Rossell




27 de agosto de 2011

PARA SANDRA, MI ÚLTIMA CONTERTULIA, ESTE POEMA

*
Al original catalán sigue su traducción al español

(Catalán)

OBSESSIÓ

Avui t’he vist mirant-me
sense veure’m,
rondaven els teus ulls altres imatges.
Et busques tu, ombra de la teva ombra,
voreges allò que penses el teu centre.
Et penses sempre,
car no et saps pensar.
Lligada eternalment al teu corb negre.

© Anna Rossell, La veu per companya, Barcelona, 2011
*
*
(Español)

OBSESIÓN

Hoy te he visto mirándome
sin verme,
rondaban tus ojos otros pensamientos.
Te buscas tú, sombra de tu sombra,
bordeas aquello que piensas ser tu centro.
Te piensas siempre
y no sabes pensarte.
Ligada eternamente al cuervo negro.

© Anna Rossell, La veu per companya, Barcelona, 2011
© de la traducción Anna Rossell

25 de agosto de 2011

POESIA A LA PLATJA D'EL MASNOU TOTS ELS DILLUNS DE L'ESTIU, 21:00 h A "L'ÚLTIM XIRINGO", AL BARRI D'OCATA

*
Estimats, estimades amants de la poesia, de la platja i dels bons moments,

només recordar-vos la cita que tenim DILLUNS QUE VE, 29 D'AGOST a la II EDICIÓ DE POESIA A LA PLATJA, a l' "Últim Xiringo" d'El Masnou (Ocata).


COMENCEM A LES 21:00 h
*

Dilluns que ve, 29 d'agost 2011, 21:00 h

María de Luis

Pau Gener

Pura Salceda

Josep Anton Soldevila

(amb l’actuació musical del grup Nicossia i els nostres fidels de sempre More, Txapu i Alfredo)

Les lectures poètiques es faran en dos blocs -entremig dels dos blocs hi ha un tast de l'actuació musical, que ens acompanyarà de ple al final del segon bloc -. Així doncs hi haurà dues rondes de lectura poètica: cada poeta intervindrà dues vegades –cada vegada entre 5 i 10 minuts. Les dues rondes juntes seran aproximadament de 10-15 minuts per poeta (màxim 20 minuts).

Espero que tornem a gaudir plegats de la màgia a què ens convida aquest preciós escenari.

No us ho podeu perdre. Porteu amics!

24 de agosto de 2011

PARA LEONARDO B., MI NUEVO SEGUIDOR DEL MES DE AGOSTO, ESTE POEMA

*
Al original catalán sigue su traducción al español

(Catalán)


PRECONCEPCIÓ

Em sento el buit que m’has deixat
al ventre
com si volgués tornar-te replegada
dintre meu
per no deixar-te néixer.
Vull preservar-te dels mals
que jo projecto
i projecto en canvi
tots els mals en tu.
El meu anhel et pensa
una llibertat idealitzada
que no et dóna
i et deixa fer i desfer
mentre jo et faig i et desfaig
en realitat.
Et tinc
exactament configurada,
feta, i la vida que vols ser
pugna amb força per brollar
i obrir-se pas a través de l’escull
de la meva idea.
Dintre meu et porto com a buit.
Fora de mi, vaga pel món
un altre buit: la idea,
que no ets tu, sinó desig
de la voluntat meva.
Sigues, criatura oberta!
Com et podria dir
que el meu desig
ets tu?

© Anna Rossell, La veu per companya, Barcelona, 2011

(Español)

PRECONCEPCIÓN

Siento en mi vientre el vacío que has
dejado,
como si quisiera devolverte encogida
a mis entrañas
por no dejar que nazcas.
Quiero preservarte de los males
que proyecto
y proyecto en cambio
mis males en tu ser.
Mi anhelo te piensa
libertad idealizada
que escatima
y te deja hacer y deshacer
mientras yo te hago y te deshago
en realidad.
Te tengo
configurada exactamente,
hecha, y la vida que tú deseas ser
pugna con fuerza por brollar
y abrirse paso a través del escollo
de la idea mía.
Te llevo dentro de mí como vacío.
fuera de mí vaga por el mundo
la idea: otro vacío,
que no eres tú, sino deseo
de la voluntad mía.
¡Sé, criatura abierta!
¿Cómo podré decirte
que mi deseo
eres tú?

© Anna Rossell, La veu per companya, Barcelona, 2011

© de la traducción Anna Rossell

20 de agosto de 2011

POESIA I MÚSICA A LA PLATJA D'EL MASNOU TOTS ELS DILLUNS DE L'ESTIU, 21:00 h A "L'ÚLTIM XIRINGO", AL BARRI D'OCATA

*



PROGRAMA DE DILLUNS, 22 D'AGOST 2011, 21:00 h,

ON? A "L'ÚLTIM XIRINGO" D'EL MASNOU-OCATA

Àlex Balcells

Anna Benítez (amb acompanyament musical d’en Toni Salvador, cantautor)

Ricardo Fernández

Marta Pera

Carlos Serra

Joan Todó

*
*
Us hi esperem! Porteu amics; hi ha molt bon ambient. Fins dilluns.

19 de agosto de 2011

TODA UNA VIDA EN UN MOMENTO

*
I UN COP DE VENT ELS DESPENTINA (Y UNA VENTADA LOS DESPEINA)
Jesús Maria Tibau
Cossetània edicions, Valls, 2011, 120 págs.

por Anna Rossell


Contrariamente a lo que pudiera parecer, la narrativa breve exige de quien la cultiva un profundo conocimiento del género y del arte de la escritura. Precisamente por su concisión reclama un dominio magistral de los ingredientes, una elección muy matizada del léxico, una inteligente construcción de la trama, una exacta colocación del clímax, ingenio para construir su arquitectura. Jesús María Tibau (Cornudella de Montsant, 1964) da prueba sobrada de ser un maestro del relato. Ésta es la opinión que me merece la lectura de los cuentos que acaba de publicar en catalán con el título I un cop de vent els despentina.

Haciendo uso predominante de la técnica del monólogo interior, Tibau hace hablar a sus protagonistas y nos transporta en el espacio y en el tiempo dándonos sutilmente las pistas a través de nombres de calles (Ploure) o de masías (Venjança) o bien de canciones de moda y poniendo en boca del personaje un catalán para el lector ligeramente desfasado, que ubica cronológicamente la narración (Venjança). Ahorrando al máximo cualquier recurso superfluo, el autor recrea con maestría la atmósfera social de un pueblo y las tensiones entre clases dejando aflorar los pensamientos de una criada (Venjança), permite al personaje revisar toda su vida a partir de un hecho aparentemente banal (Badar), conduce al protagonista por los momentos clave de su existencia a partir de la asociación de ideas que le provoca la lluvia (Ploure) o hace con pinceladas seguras un retrato psicológico de un dictador militar desde su exilio caribeño (Poder). Especialmente logrados son los clímax –originales y sorprendentes-, que Tibau sabe colocar en el momento oportuno dando un giro inesperado a sus historias. Jesús María Tibau, a quien interesa el paso del tiempo, sabe condensar en un momento toda una vida.

Del autor se han publicado otros libros de relatos breves: Tens un racó dalt del món (2001), Postres de músic (2005) (Premio Marià Vayreda), El vertigen del trapezista (2008) y Una sortida digna (2009), así como el poemario A la barana dels teus dits (2009). Tibau ha ganado el Premio Blocs Catalunya (2009) con el blog Tens un racó dalt del món.


© Anna Rossell

(Publicat a Diari Maresme, 19 d'agost 2011: http://diarimaresme.com/2011/tota-una-vida-en-un-moment/)


16 de agosto de 2011

CORRESPONDENCIA ANNA ROSSELL-XEC MARQUÈS (16-08-2011)

*
CARTA D'ANNA ROSSELL AL TEÒLEG I SALESIÀ XEC MARQUÈS (16-08-2011) /
*
CARTA DE ANNA ROSSELL AL TEÓLOGO Y SALESIANO XEC MARQUÈS (16-08-2011)
*
Al original catalán sigue su traducción al español
*

 Amb Maite León i Eduard Sanahuja a la tertúlia d'El Laberinto de Ariadna (Ateneu barceloní, abril 2011) /
Con Maite León y Eduard Sanahuja en la tertulia de El Laberinto de Ariadna (Ateneo barcelonés, abril 2011)
*
Català

Reprodueixo aquí el conte-paràbola que em va enviar fa temps el meu amic Xec Marquès, de la seva autoria, com a impuls de les nostres reflexions. El seu conte precedeix els meus comentaris:

CONTE FILOSÒFIC (Autor: Xec Marquès)

Abans que hi hagués tot el que hi ha hi va haver un temps on hi havia déu. Ara hi ha tot el que hi ha, i hauríem de dir : hi havia un déu. Però és que, del temps que parlo, hi havia déu i s’ha acabat. Per aquell temps, idò, no cal dir ‘hi havia un déu’. No. Hi havia déu. És tot.

En aquell temps -un temps que va durar-, i si va durar és perquè es va acabar. I perquè es va acabar avui ho puc contar.

Acabo de començar i ja estic ben embolicat.

Heu vist, fins ara, que hi ha dos temps: el temps on hi havia déu i el temps on hem de dir “hi havia un déu”. Però quan dic “hi havia un temps”, ja som en el temps de “hi havia un déu”. Perquè en l’altre temps, on hi havia déu, això del temps segurament no ho coneixien. Més complicat encara, si això del temps no ho coneixien, com podien pensar, veure, imaginar, viure que, fins i tot, hi va haver un temps?

És que hi va haver un temps i tot es va acabar? O hi ha un temps on s’acaba i es comença?

No ho sé. Però per no embolicar més la troca posem-nos d’acord. Si jo conto el que conto és que hi va haver un temps on hi havia déu i hi ha un temps on hi havia un déu.

Jo no vull discutir si aquell temps va existir. Jo només vull contar que hi havia un temps que hi havia déu.

-“Idò, que n’ets de complicat!!!”, em diu en Kirikou. I jo li dic: -“No. El complicat és que hi havia un temps on hi havia déu i això era tot. I alguna cosa va passar, perquè ara el tot ja no és un. El que és complicat és que tu ets déu, però de fet, tu només ets un déu.”

© Xec Marquès

*
El Masnou, 16-08-2011

Estimat Xec,

Ja fa molt temps que em vas enviar aquest conte-paràbola, que jo havia arxivat sense fer-te’n cap comentari i la veritat és que té un gran fons.

Certament és ben embolicat. No sé pas si me’n sortiré. Provo de extreure’n alguns postulats essencials, que segons em sembla fan els fonaments de l’edifici que estructura el conte.


A) QUAN A LA (MEVA) INTERPRETACIÓ

1. Semblantment al llibre del Gènesi, parteixes de la idea que hi ha dos temps. I és déu (ho poso amb minúscula respectant el teu original) i l’existència de la criatura humana el que marca la diferència entre ambdós temps. Hi ha, doncs, un abans i un després a partir de l’existència de déu i de l’ésser humà.

2. Abans d’haver-hi aquests dos temps, no hi havia res més que déu –tot era déu; déu era tot-: “[...]del temps que parlo, hi havia déu i s’ha acabat. Per aquell temps, idò, no cal dir ‘hi havia un déu’. No. Hi havia déu. És tot.”

3. Quan déu ho era tot (és a dir, abans que hi hagués dos temps) no podíem parlar d’UN déu, perquè UN i TOT s’exclouen conceptualment. El concepte de déu-TOT fa impossible comptar, determinar el substantiu “déu”.

4. El temps del déu-TOT o TOT-déu es va acabar per alguna raó que el conte no narra de manera explícita, però deixa clar que aquell temps en què déu ho era tot es va acabar: “En aquell temps -un temps que va durar-, i si va durar és perquè es va acabar. I perquè es va acabar avui ho puc contar.”

5. L’acabament d’aquell déu-TOT o TOT-déu està relacionat amb el moment en què hom comença a parlar d’UN déu: s’acaba una etapa i en comença una altra, aquesta substitueix a aquella, de manera que hom comença a parlar d’UN déu i l’etapa precedent deixa d’existir d’alguna manera.

6. La veu narradora diu: “[...]aquell temps -un temps que va durar-, i si va durar és perquè es va acabar. I perquè es va acabar avui ho puc contar.” D’aquesta afirmació indueixo que la criatura humana que és la veu narradora deu la seva existència a aquest canvi de temps o que aquest canvi de temps deu la seva existència a la criatura humana (que una és inherent a l’altra).

7. La consciència de la percepció del temps per part de la veu narradora (de l’ésser humà) té a veure amb la segona etapa, amb el moment en què hom comença a parlar d’UN déu: “[...] quan dic ‘hi havia un temps’, ja som en el temps de ‘hi havia un déu’. Perquè en l’altre temps, on hi havia déu, això del temps segurament no ho coneixien”

8. “[...] si això del temps no ho coneixien, com podien pensar, veure, imaginar, viure que, fins i tot, hi va haver un temps?” Podem concloure que, abans, no podien pensar ni veure ni imaginar ni viure que hi va haver un temps perquè els éssers humans en aquell abans no existien. El conte no explica la creació de l’ésser humà, però deixa clar un abans i un després de la seva existència.

9. I sembla que al paràgraf del final rau la clau de tot, perquè el final és sorprenent i, per a mi, difícil d’entendre: al llarg de tot el conte només hi ha hagut una veu narradora –omniscient-, una veu que s’adreça als / a les lector@s. Però, al darrer paràgraf hi ha un diàleg, un diàleg entre la veu narradora omniscient i en Kirikou: ha sorgit un nou personatge. De la comparació entre Kirikou i la veu narradora, sembla que en Kirikou és el menys savi dels dos, perquè la que alliçona és la veu narradora, és aquesta veu qui sap què ha passat o què no. I de sobte aquesta veu li diu a en Kirikou: “[...]ara el tot ja no és un. El que és complicat és que tu ets déu, però de fet, tu només ets un déu.” El que (em) sorprèn del final és que als ulls de la veu narradora omniscient resulta que aquell que era el menys savi, en Kirikou, és déu, però no és el déu-TOT del principi, d’abans del temps, sinó que és només UN déu.

I fins aquí el que jo he estat capaç d’observar (d’entendre) del teu conte-paràbola, de la manera més objectiva que m’ha estat possible.


B) QUAN A LES PREGUNTES QUE SE’M PLANTEGEN I COMENTARIS

1. El conte parteix de la base de la cosmogonia bíblica, però conté una variant importantíssima, i és que el déu-TOT / TOT-déu existent abans dels temps no és el Déu únic que a la Bíblia crea el món (segurament el text parla només de Déu, però al menys en la interpretació que ens ha estat transmesa habitualment hom considera aquest Déu com Déu únic); el concepte UN déu comença precisament després, quan ja existeix la criatura humana. Em suggereix que la concepció monoteista apareix al món precisament per una apreciació defectuosa de la naturalesa humana, cosa que em corrobora la sentència final de la veu narradora, quan li diu a en Kirikou: “El que és complicat és que tu ets déu, però [...] tu només ets un déu.”

Poso en negreta les paraules “complicat” i “només” perquè em semblen essencials: entenc “El que és complicat és que [...]” com una oració sinònima de: “El problema és que [...]”, això em suggereix que la veu narradora sentencia que en Kirikou no és capaç d’apreciar com cal quina és la seva vertadera naturalesa, quina és la seva vertadera situació, entenc que és una manera de dir-li: “la naturalesa humana -la teva- no observa bé, no hi veu bé”.

Pel que fa a la paraula “només” dóna a entendre que pot haver-hi més d’un déu, fora d’aquest ‘un’, que, segons la veu narradora, és en Kirikou. Això em retorna al principi del conte, al moment en què només hi havia un TOT-déu / déu-TOT, que era abans de l’existència de la criatura humana. El concepte “un-déu” va començar a existir justament amb la criatura humana. És l’ésser humà, que no sap observar correctament, qui introdueix aquest concepte ‘erroni’. Perquè la veu narradora ens diu que això és un problema. I a continuació afegeix allò del “només”, suggerint que cada criatura humana pot ser UN déu.

La meva pregunta: Suggereix el conte que cal eliminar el problema? Que cal retornar a la visió d’abans dels temps, a la fase del TOT-déu / déu-TOT? Suggereix que el monoteisme i el politeisme són una font de problemes? Suggereix una visió panteista?

****

*
A banda de tot això, aquesta paràbola em sembla un conte genial, un vertader tresor literari. Em recorda moltíssim els relats breus de Kafka, sobre tot aquell que es titula El guardià, que Kafka va escriure com a relat, però que més tard va incorporar a una de les seves novel·les més emblemàtiques: El procés. En aquest capítol de la novel·la rau la clau de la interpretació de tota la història, perquè conté ‘in nuce’ l’explicació. Potser la coneixes perquè l’hauràs llegit o perquè hauràs vist la pel·lícula d’Orson Welles (el genialíssim director) sobre la novel·la de l’escriptor de Praga. En Welles fa començar la pel·lícula precisament amb aquest relat. Buscaré una traducció i te l’enviaré. No vull dir que s’assembli en el contingut, sinó en l’estructura i en el registre, ve a ser el mateix estil críptic i paradoxal.

Ja m’explicaràs tu el secret de la teva intencionalitat d’autor.

Una forta abraçada (no tardis en escriure’m),

Anna

P. D.: Aquí tens el conte de Franz Kafka de què et parlava. Es tracta d'aquell que es titula Vor dem Gesetz / Davant la Llei / Ante la Ley. Jo parlava d' El guardià / El guardián, perquè no em recordava del títol original. El copio en traducció espanyola, que he trobat a internet a l'enllaç http://www.ciudadseva.com/textos/cuentos/euro/kafka/antela.htm, consultat avui, 17 d'agost 2011:

Ante la ley


[Parábola: Texto completo]

Franz Kafka

Ante la ley hay un guardián. Un campesino se presenta frente a este guardián, y solicita que le permita entrar en la Ley. Pero el guardián contesta que por ahora no puede dejarlo entrar. El hombre reflexiona y pregunta si más tarde lo dejarán entrar.

-Tal vez -dice el centinela- pero no por ahora.

La puerta que da a la Ley está abierta, como de costumbre; cuando el guardián se hace a un lado, el hombre se inclina para espiar. El guardián lo ve, se sonríe y le dice:

-Si tu deseo es tan grande haz la prueba de entrar a pesar de mi prohibición. Pero recuerda que soy poderoso. Y sólo soy el último de los guardianes. Entre salón y salón también hay guardianes, cada uno más poderoso que el otro. Ya el tercer guardián es tan terrible que no puedo mirarlo siquiera.

El campesino no había previsto estas dificultades; la Ley debería ser siempre accesible para todos, piensa, pero al fijarse en el guardián, con su abrigo de pieles, su nariz grande y aguileña, su barba negra de tártaro, rala y negra, decide que le conviene más esperar. El guardián le da un escabel y le permite sentarse a un costado de la puerta.

Allí espera días y años. Intenta infinitas veces entrar y fatiga al guardián con sus súplicas. Con frecuencia el guardián conversa brevemente con él, le hace preguntas sobre su país y sobre muchas otras cosas; pero son preguntas indiferentes, como las de los grandes señores, y, finalmente siempre le repite que no puede dejarlo entrar. El hombre, que se ha provisto de muchas cosas para el viaje, sacrifica todo, por valioso que sea, para sobornar al guardián. Este acepta todo, en efecto, pero le dice:

-Lo acepto para que no creas que has omitido ningún esfuerzo.

Durante esos largos años, el hombre observa casi continuamente al guardián: se olvida de los otros y le parece que éste es el único obstáculo que lo separa de la Ley. Maldice su mala suerte, durante los primeros años audazmente y en voz alta; más tarde, a medida que envejece, sólo murmura para sí. Retorna a la infancia, y como en su cuidadosa y larga contemplación del guardián ha llegado a conocer hasta las pulgas de su cuello de piel, también suplica a las pulgas que lo ayuden y convenzan al guardián. Finalmente, su vista se debilita, y ya no sabe si realmente hay menos luz, o si sólo lo engañan sus ojos. Pero en medio de la oscuridad distingue un resplandor, que surge inextinguible de la puerta de la Ley. Ya le queda poco tiempo de vida. Antes de morir, todas las experiencias de esos largos años se confunden en su mente en una sola pregunta, que hasta ahora no ha formulado. Hace señas al guardián para que se acerque, ya que el rigor de la muerte comienza a endurecer su cuerpo. El guardián se ve obligado a agacharse mucho para hablar con él, porque la disparidad de estaturas entre ambos ha aumentado bastante con el tiempo, para desmedro del campesino.

-¿Qué quieres saber ahora? -pregunta el guardián-. Eres insaciable.

-Todos se esfuerzan por llegar a la Ley -dice el hombre-; ¿cómo es posible entonces que durante tantos años nadie más que yo pretendiera entrar?

El guardián comprende que el hombre está por morir, y para que sus desfallecientes sentidos perciban sus palabras, le dice junto al oído con voz atronadora:

-Nadie podía pretenderlo porque esta entrada era solamente para ti. Ahora voy a cerrarla.

FIN
*
*
CARTA DE ANNA ROSSELL AL TEÓLOGO Y SALESIANO XEC MARQUÈS (16-08-2011)
Traducción al español de Anna Rossell

El Masnou, 16-08-2011

Reproduzco aquí el cuento-parábola que me envió hace tiempo mi amigo Xec Marquès, de su autoría, como impulso de nuestras reflexiones. Su cuento precede mis comentarios:

CUENTO FILOSÓFICO (Autor: Xec Marquès)

Antes que hubiera todo lo que hay hubo un tiempo en que había dios. Ahora hay todo lo que hay, y deberíoamos decir: 'había un dios'. Pero es que, del tiempo de que hablo había dios, esto era todo. De modo que en aquel tiempo no puede decirse: 'había un dios'. No. Había dios. Esto era todo.

En aquel tiempo -un tiempo que duró-, y si duró significa que terminó. Y como terminó hoy lo puedo contar.

Acabo de empezar y ya estoy hecho un lío.

Habréis visto que, hasta ahora, hay dos tiempos: el tiempo en que había dios y el tiempo del que hemos de decir 'había un dios'. Pero cuando digo 'havia un tiempo' ya estamos en el tiempo de 'había un dios'. Porque en el otro tiempo en que había dios, esto del tiempo seguramente no lo conocían. Más complicado aún: si lo del tiempo no lo conocían, ¿entonces cómo podían pensar, ver, imaginar, vivir que, incluso, hubo un tiempo?
¿Habrá que pensar que hubo un tiempo y todo terminó? ¿O es que hay un tiempo en que se acaba y se empieza?
 
No lo sé. Pero para no enredar más el ovillo pongámonos de acuerdo. Si yo cuento lo que cuento es que hubo un tiempo en que había dios y hay un tiempo en que había un dios.

Yo no quiero discutir sobre si aquel tiempo existió. Sólo quiero contar que hubo un tiempo en que había dios.

-“¡Caramba, sí que eres complicado!!!", me dice Kirikou. Y yo le digo: -"No. Lo complicado es que había un tiempo en que había dios y esto era todo. Y algo pasó porque ahora el todo ya no es uno. Lo complicado es que tú eres dios, pero en realidad, tú sólo eres un dios."

 © Xec Marquès
*
El Masnou, 16-08-2011

Querido Xec,

ya hace mucho tiempo me enviaste este cuento-parábola, que yo archivé sin hacerte ningún comentario, y la verdad es que tiene mucho fondo.

Ciertamente es bastante complicado. No sé si saldré airosa. Intento extraer de él algunos postulados esenciales, que según me parece constituyen los fundamentos del edificio que estructura el cuento.
 
A) EN CUANTO A (MI) INTERPRETACIÓN
*
1. De modo similar que en el libro del Génesis, partes de la idea de que hay dos tiempos. Y es dios (lo escribo con minúscula respetando tu escritura original) y la existencia de la criatura humana lo que marca la diferencia entre ambos tiempos. Hay pues un antes y un después a partir de la existencia de dios y del ser humano.
*
2. Antes de haber estos dos tiempos, no había nada más que dios -todo era dios; dios era todo-: "[...] en el tiempo del que hablo había dios y esto era todo. De modo que en aquel tiempo no podía decirse 'havia un dios'. No. Había dios. Eso era todo."
*
3. Cuando dios lo era todo (es decir, antes de que hubiera dos tiempos) no podíamos hablar de UN dios, porque UNO y TODO se excluyen conceptualmente. El concepto de dios-TODO hace imposible contar, determinar el sustantivo "dios".
*
 4. El tiempo de dios-TODO o TODO-dios se acabó por alguna razón que el cuento no narra de manera explícita, pero deja claro que aquel tiempo en que dios lo era todo se acabó: "En aquel tiempo -un tiempo que duró-, y si duró significa que se acabó. Y porqué se acabó hoy lo puedo contar."
*
5. La terminación de aquel dios-TODO o TODO-dios está relacionada con el momento en que se empieza a hablar de UN dios: se acaba una etapa y empieza otra, ésta sustituye a aquella, de modo que se empieza a hablar de UN dios, y la etapa precedente deja de existir de algún modo.
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6. La voz narradora dice: "[...] aquel tiempo -un tiempo que duró-, y si duró es porque se acabó. Y como se acabó hoy lo puedo contar." De esta afirmación induzco que la criatura humana que es la voz narradora debe su existencia a este cambio de tiempo o que este cambio de tiempo debe su existencia a la criatura humana (que una es inherente a la otra).
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7. La conciencia de la percepción del tiempo por parte de la voz narradora (del ser humano) tiene que ver con la segunda etapa, con el momento en que se empieza a hablar de UN dios: "[...] cuando digo 'había un tiempo', ya estamos en el tiempo de 'había un dios'. Porque en el otro tiempo, en que había dios, esto del tiempo seguramente no lo conocían"
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8. "[...] si esto del tiempo no lo conocían, ¿cómo podían pensar, ver, imaginar, vivir que [...] hubo otro tiempo?" Podemos concluir que, antes, no podían pensar ni ver ni imaginar ni vivir que hubo un tiempo porque los seres humanos en aquel antes no existían. El cuento no explica la creación del ser humano, pero deja claro un antes y un después de su existencia.
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9. Y parece que en el párrafo del final radica la clave de todo, porque el final es sorprendente y, para mí, difícil de entender: a lo largo de todo el cuento sólo ha habido una voz narradora -omnisciente-, una voz que se dirige a l@s lectores. Pero, en el último párrafo hay un diálogo, un diálogo entre la voz narradora omnisciente y Kirikou: ha surgido un nuevo personaje. De la comparación entre Kirikou y la voz narradora, parece que Kirikou es el menos sabio de los dos, porque la que alecciona es la voz narradora; es esta voz la que sabe qué ha pasado o qué no ha pasado. Y de repente esta voz le dice a Kirikou: "[...] ahora el todo ya no es uno. Lo que es complicado es que tú eres dios, pero en realidad, tú sólo eres un dios." Lo que (me) sorprende del final es que a los ojos de la voz narradora omnisciente resulta que aquél que era el menos sabio, Kirikou, es dios, pero no es el dios-TODO del principio, el de antes de los tiempos, sino que es sólo UN dios.

Hasta aquí lo que yo he sido capaz de observar (de entender) de tu cuento-parábola, del modo más objetivo para mí posible.


B) EN CUANTO A LAS PREGUNTAS QUE SE ME PLANTEAN Y COMENTARIOS

1. El cuento parte de la base de la cosmogonía bíblica, pero contiene una variante importantísima, y es que el dios-TODO / TODO-dios existente antes de los tiempos no es el Dios único que en la Biblia crea el mundo (seguramente el texto habla sólo de Dios, pero al menos en la interpretación que se nos transmite habitualmente se considera este Dios como Dios único); el concepto UN dios empieza precisamente después, cuando ya existe la criatura humana. Me sugiere que la concepción monoteísta aparece en el mundo precisamente por una apreciación defectuosa de la naturaleza humana, cosa que me corrobora la sentencia final de la voz narradora, cuando le dice a Kirikou: "Lo que es complicado es que tú eres dios, pero [...] tú sólo eres un dios."
 
Pongo en negrita las palabras "complicado" y "sólo" porque me parecen esenciales: entiendo "Lo que es complicado es que [...]" como una oración sinónima de: "El problema es que [...]", ello me sugiere que la voz narradora sentencia que Kirikou no es capaz de apreciar correctamente cuál es su verdadera naturaleza, cuál es su verdadera situación, entiendo que es un modo de decirle: "la naturaleza humana -la tuya- no observa bien, no ve bien". 
En cuanto a la palabra "sólo" da a entender que puede haber más de un dios, además de este 'uno', que, según la voz narradora, es Kirikou. Esto me devuelve al principio del cuento, al momento en que sólo había un TODO-dios / dios-TODO, que era antes de la existencia de la criatura humana. El concepto "un-dios" empezó a existir justamente con la criatura humana. Es el ser humano, que no sabe observar correctamente,
quien introduce este concepto 'erróneo'. Porque la voz narradora nos dice que esto es un problema. Y a continuación añade aquello del "sólo", sugiriendo que cada criatura humana puede ser UN dios.

 Mi pregunta: ¿Sugiere el cuento que debemos eliminar el problema? ¿Que debemos recuperar la visión de antes de los tiempos? ¿A la fase del TODO-dios / dios-TODO? ¿Sugiere que el monoteísmo y el politeísmo son una fuente de problemas? ¿Sugiere una visión panteísta?
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Aparte de todo esto esta parábola me parece un cuento genial, un verdadero tesoro literario. Me recuerda muchísimo los relatos breves de Kafka, sobre todo aquél que se titula El guardián, que Kafka escribió como relato pero que más tarde incorporó a una de sus novelas más emblemáticas, El proceso. En este capítulo de la novela radica la clave de interpretación de toda la historia, porque contiene 'in nuce' la explicación. Quizás la conoces porque la has leído o porque has visto la película de Orson Welles (el genialísimo director) sobre la novela del escritor praguense. Welles hace empezar la película precisamente con este relato. Buscaré una traducción y te la enviaré. No quiero decir que se parezca en el contenido, sino en la estructura y en el registro, se parece por su estilo crítico y paradójico.

Ya me explicarás tú el secreto de tu intencionalidad de autor.
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Un fuerte abrazo (no tardes en escribirme),

Anna

P. D.: Aquí tienes el cuento de Franz Kafka del que te hablaba. Se trata de uno que se titula Vor dem Gesetz / Davant la Llei / Ante la Ley. Yo te hablaba de El guardián porque no me acordaba del título original. Lo copio en traducción española, una que he encontrado en internet bajo el enlace: http://www.ciudadseva.com/textos/cuentos/euro/kafka/antela.htm, consultado hoy, 17 de agosto 2011:


Ante la ley

[Parábola: Texto completo]

Franz Kafka

Ante la ley hay un guardián. Un campesino se presenta frente a este guardián, y solicita que le permita entrar en la Ley. Pero el guardián contesta que por ahora no puede dejarlo entrar. El hombre reflexiona y pregunta si más tarde lo dejarán entrar.

-Tal vez -dice el centinela- pero no por ahora.

La puerta que da a la Ley está abierta, como de costumbre; cuando el guardián se hace a un lado, el hombre se inclina para espiar. El guardián lo ve, se sonríe y le dice:

-Si tu deseo es tan grande haz la prueba de entrar a pesar de mi prohibición. Pero recuerda que soy poderoso. Y sólo soy el último de los guardianes. Entre salón y salón también hay guardianes, cada uno más poderoso que el otro. Ya el tercer guardián es tan terrible que no puedo mirarlo siquiera.

El campesino no había previsto estas dificultades; la Ley debería ser siempre accesible para todos, piensa, pero al fijarse en el guardián, con su abrigo de pieles, su nariz grande y aguileña, su barba negra de tártaro, rala y negra, decide que le conviene más esperar. El guardián le da un escabel y le permite sentarse a un costado de la puerta.

Allí espera días y años. Intenta infinitas veces entrar y fatiga al guardián con sus súplicas. Con frecuencia el guardián conversa brevemente con él, le hace preguntas sobre su país y sobre muchas otras cosas; pero son preguntas indiferentes, como las de los grandes señores, y, finalmente siempre le repite que no puede dejarlo entrar. El hombre, que se ha provisto de muchas cosas para el viaje, sacrifica todo, por valioso que sea, para sobornar al guardián. Este acepta todo, en efecto, pero le dice:

-Lo acepto para que no creas que has omitido ningún esfuerzo.

Durante esos largos años, el hombre observa casi continuamente al guardián: se olvida de los otros y le parece que éste es el único obstáculo que lo separa de la Ley. Maldice su mala suerte, durante los primeros años audazmente y en voz alta; más tarde, a medida que envejece, sólo murmura para sí. Retorna a la infancia, y como en su cuidadosa y larga contemplación del guardián ha llegado a conocer hasta las pulgas de su cuello de piel, también suplica a las pulgas que lo ayuden y convenzan al guardián. Finalmente, su vista se debilita, y ya no sabe si realmente hay menos luz, o si sólo lo engañan sus ojos. Pero en medio de la oscuridad distingue un resplandor, que surge inextinguible de la puerta de la Ley. Ya le queda poco tiempo de vida. Antes de morir, todas las experiencias de esos largos años se confunden en su mente en una sola pregunta, que hasta ahora no ha formulado. Hace señas al guardián para que se acerque, ya que el rigor de la muerte comienza a endurecer su cuerpo. El guardián se ve obligado a agacharse mucho para hablar con él, porque la disparidad de estaturas entre ambos ha aumentado bastante con el tiempo, para desmedro del campesino.

-¿Qué quieres saber ahora? -pregunta el guardián-. Eres insaciable.

-Todos se esfuerzan por llegar a la Ley -dice el hombre-; ¿cómo es posible entonces que durante tantos años nadie más que yo pretendiera entrar?

El guardián comprende que el hombre está por morir, y para que sus desfallecientes sentidos perciban sus palabras, le dice junto al oído con voz atronadora:

-Nadie podía pretenderlo porque esta entrada era solamente para ti. Ahora voy a cerrarla.

FIN